Tango Habanera · Kurt Weill / Roger Fernay · 1934

« C'est presqu'au bout du monde,
Ma barque vagabonde,
Errant au gré de l'onde,
M'y conduisit un jour. »

Albert Marquet, Quai des Grands Augustins, Paris — oil painting circa 1934
Albert Marquet, Quai des Grands Augustins, Paris, soleil d’hiver, c. 1934 — Paris in the year Weill wrote Youkali.
Teresa Stratas, from the film September Songs (Larry Weinstein, Rhombus Media, 1994). The canonical reading. Press play to load the embed.

The Text

C'est presqu'au bout du monde,
Ma barque vagabonde,
Errant au gré de l'onde,
M'y conduisit un jour.

L'île est toute petite,
Mais la fée qui l'habite
Gentiment nous invite
À en faire le tour.

Youkali,
C'est le pays de nos désirs,
Youkali,
C'est le bonheur,
C'est le plaisir,

Youkali,
C'est la terre où l'on
Quitte tous les soucis,
C'est dans notre nuit,
Comme une éclaircie,
L'étoile qu'on suit,
C'est Youkali !

Youkali,
C'est le respect
De tous les vœux échangés,
Youkali,
C'est le pays
Des beaux amours partagés,

C'est l'espérance
Qui est au cœur de tous les humains,
La délivrance
Que nous attendons tous pour demain.

Mais c'est un rêve, une folie,
Il n'y a pas de Youkali !

Et la vie nous entraîne,
Lassante, quotidienne,
Mais la pauvre âme humaine,
Cherchant partout l'oubli,

A pour quitter la terre,
Su trouver le mystère
Où nos rêves se terrent
En quelque Youkali…

Original French text by Roger Fernay (1934).

Weill wrote Youkali in 1934, in Paris, in exile from a Germany that had already begun to burn his music. He composed it as an instrumental tango for Jacques Deval's play Marie Galante. Roger Fernay added the words later; the song outlived the play.

It is a song about an island that does not exist — a dream that, halfway through, unmasks itself — and it has gone on being recorded and reinterpreted ever since, across very different voices.